Meta ne semble plus vouloir que ses lunettes connectées soient un gadget de curieux. Selon un mémo interne consulté par The Information, et rapporté par Road to VR, l’entreprise préparerait jusqu’à quatre nouveaux modèles de lunettes intelligentes dès 2026, en plus d’un pendentif IA capable d’enregistrer, transcrire et résumer des conversations. L’information n’a pas été confirmée officiellement par Meta, mais elle donne une image très claire de la direction prise par Reality Labs.
Le chiffre qui retient l’attention est ambitieux : Meta viserait environ 10 millions de wearables vendus au second semestre 2026. Dans le même temps, Bloomberg indiquait que Meta et EssilorLuxottica auraient doublé leurs objectifs de production, avec une capacité annuelle pouvant atteindre 20 millions d’unités fin 2026, puis potentiellement 30 millions. Pour le dire simplement, Meta ne teste plus seulement le marché, elle veut l’industrialiser.
Pour les entreprises, les RH, les formateurs ou les responsables innovation, cette actualité mérite mieux qu’un simple « encore des lunettes connectées ». Elle raconte un basculement plus large : les technologies immersives sortent progressivement du casque VR isolé pour devenir des outils portables, plus légers, plus quotidiens, et potentiellement intégrés au travail.
Meta change de terrain de jeu
Depuis plusieurs années, Meta a beaucoup communiqué autour de la VR, du métavers et de ses casques Quest. Mais d’après les éléments rapportés, Reality Labs aurait récemment réorienté ses priorités vers l’IA et les lunettes intelligentes, en mettant davantage en retrait ses efforts VR et métavers. Ce n’est pas un abandon de l’immersion, c’est plutôt un déplacement du point d’entrée.
Un casque VR ressemble à une salle dédiée : on l’enfile pour une session précise, souvent assis ou dans un espace préparé. Des lunettes intelligentes ressemblent davantage à un carnet de notes que l’on porte sur soi. Elles peuvent accompagner les moments du quotidien, capter une information, répondre à une question, prendre une photo, enregistrer une consigne ou assister une tâche.
Meta s’appuie déjà sur ses modèles Ray-Ban et Oakley Meta, développés avec EssilorLuxottica. Le partenariat entre les deux groupes a d’ailleurs été prolongé en 2024 jusqu’en 2030, ce qui montre une stratégie de long terme. L’enjeu n’est pas seulement technique, il est aussi culturel : pour être adoptées, les lunettes doivent ressembler à de vraies lunettes, avec des marques, des styles et des variantes.
Selon The Information, les prochains modèles auraient des noms de code ou de projet très concrets : Modelo pourrait arriver dès juin, Luna et RBM2 Refresh à l’automne, ce dernier suggérant une mise à jour matérielle des Ray-Ban. Mojito VIP serait attendu en décembre. Meta testerait aussi Artemis et SSG, pour « supersensing glasses ». Le vocabulaire peut sembler futuriste, mais l’idée est simple : multiplier les formats pour toucher plus d’usages et plus de publics.
L’IA portée sur soi, de la fonction gadget à l’assistant métier
La nouveauté la plus intéressante n’est peut-être pas le nombre de modèles, mais leur couche IA. Les prochaines lunettes devraient intégrer les modèles d’intelligence artificielle de Meta. Le mémo attribué à Alex Himel, vice-président Wearables chez Meta, mentionnerait aussi l’arrivée d’un agent IA appelé Hatch dans les lunettes.
Un agent IA, c’est un peu comme un assistant qui ne se contente pas de répondre à une question. Il peut suivre un contexte, organiser une demande, proposer une action. Dans un cadre professionnel, cela pourrait vouloir dire : retrouver une procédure, résumer un échange, rappeler une étape de contrôle ou aider à documenter une intervention.
Le pendentif IA en préparation va dans le même sens. Il serait similaire aux technologies de Limitless, une startup acquise par Meta en 2025, qui développait des dispositifs capables d’enregistrer, transcrire et résumer des conversations. Imaginez un compte rendu automatique après une réunion de chantier, une visite client ou une session de formation. Le gain potentiel est évident, mais il pose aussi des questions très concrètes : consentement des personnes enregistrées, confidentialité, stockage des données, droit à la déconnexion.
C’est là que les entreprises devront rester lucides. Une technologie portable peut créer de la valeur si elle est cadrée. Sans règles claires, elle peut aussi devenir intrusive. Avant tout déploiement, il faudra définir :
- Ce qui est enregistré, et ce qui ne l’est jamais
- Qui peut accéder aux transcriptions ou résumés
- Combien de temps les données sont conservées
- Dans quels contextes l’usage est autorisé
- Comment les salariés et les clients sont informés
La maturité ne viendra pas seulement du matériel. Elle viendra aussi de la gouvernance.
Pourquoi le modèle économique compte autant que le produit
Autre point important : Meta préparerait une offre d’abonnement orientée entreprises, appelée Wearables for Work. Ce détail est stratégique. Jusqu’ici, beaucoup d’acteurs vendaient surtout du matériel : une paire de lunettes, un casque, une tablette. Mais un achat ponctuel limite les revenus et complique le suivi logiciel.
Avec un abonnement, Meta pourrait proposer des services continus : mises à jour IA, outils d’administration, sécurité, support, gestion de flotte, fonctionnalités métier. Pour une entreprise, cela change aussi la logique d’achat. On ne se demande plus seulement « combien coûte l’appareil ? », mais « quel service rend-il chaque mois ? ».
C’est un changement proche de ce que le logiciel a déjà vécu avec le cloud. On n’achète plus seulement une boîte, on s’abonne à une capacité. Pour les wearables IA, cette capacité pourrait être l’assistance terrain, la documentation automatique, la collaboration à distance ou l’accès à des contenus contextualisés.
Le pari de Meta reste risqué. Vendre 10 millions d’unités en six mois suppose une forte demande, une production solide et une vraie utilité perçue. Mais la trajectoire industrielle annoncée, 20 millions d’unités par an puis 30 millions possibles, montre que Meta et EssilorLuxottica pensent le marché à grande échelle.
Cas d’usage concrets pour les métiers
Formation industrielle
Dans un centre de formation, des lunettes IA pourraient accompagner un apprenant pendant une procédure technique. Par exemple, un futur technicien apprend à contrôler une machine. Les lunettes peuvent afficher ou lire une consigne, reconnaître une étape, enregistrer un commentaire oral, puis générer un résumé de la session. Le formateur garde son rôle, mais il dispose d’une trace plus riche pour évaluer la progression.
Ce type d’usage ne remplace pas la pédagogie. Il agit plutôt comme un assistant de bord, comme le copilote dans une voiture d’auto-école. L’apprenant fait, l’outil aide à sécuriser, documenter et répéter. Dans des métiers où le geste compte, industrie, maintenance, énergie, bâtiment, cette continuité entre pratique et retour d’expérience peut devenir précieuse.
Commerce, tourisme et accueil
Dans un magasin, des lunettes intelligentes pourraient aider un conseiller à accéder rapidement à une fiche produit, vérifier un stock ou traduire une demande client. Dans le tourisme, elles pourraient accompagner un guide avec des informations contextuelles sur une œuvre, un monument ou un parcours. Le pendentif IA, lui, pourrait résumer les questions les plus fréquentes d’un groupe, afin d’améliorer les visites suivantes.
Là encore, le point clé n’est pas de « faire futuriste ». Le point clé est de réduire les frictions. Moins chercher une information, moins écrire après coup, mieux personnaliser l’expérience. C’est souvent dans ces petits gains répétés que les technologies immersives deviennent utiles.
Le lien avec explorations360
Cette actualité Meta montre que les dispositifs immersifs et portables se rapprochent du quotidien professionnel. Mais les organisations n’ont pas besoin d’attendre que chaque salarié porte des lunettes IA pour commencer. La valeur se construit déjà avec des outils immersifs plus maîtrisés, capables de former, présenter, simuler et transmettre.
C’est précisément l’intérêt de solutions comme easybox360. Le déploiement d’easybox360 chez Pôle Formation UIMM Bretagne illustre l’intérêt d’outils immersifs pour la formation industrielle et professionnelle. Dans un contexte où Meta veut pousser des wearables IA utiles au quotidien et au travail, ce type d’usage montre déjà la valeur concrète de dispositifs immersifs dans les environnements d’apprentissage et de montée en compétences.
Avec explorations360, une organisation peut avancer par étapes : créer des parcours immersifs, diffuser des expériences 360, équiper un lieu de formation ou un espace de démonstration, puis mesurer les usages. Cette approche progressive est importante. Elle évite de subir la technologie. Elle permet au contraire de la relier à un objectif clair : former plus efficacement, expliquer un environnement complexe, préparer une visite, valoriser un savoir-faire ou accompagner un changement.
Les annonces autour de Meta, Hatch, Wearables for Work ou du pendentif IA dessinent une direction : l’assistance numérique va devenir plus présente, plus contextuelle et plus portable. La question pour les entreprises n’est donc pas seulement de savoir quel appareil acheter. Elle est de savoir quels moments de travail, d’apprentissage ou de relation client méritent d’être enrichis par l’immersion.
Conclusion : les lunettes intelligentes ne remplaceront pas demain tous les écrans, les casques VR ou les formateurs. Mais elles confirment une tendance de fond : les technologies immersives deviennent moins spectaculaires et plus pratiques. C’est souvent le signe qu’un marché grandit vraiment. Pour les organisations, le bon réflexe consiste à tester maintenant, sur des cas d’usage simples et mesurables, afin d’être prêtes lorsque ces outils deviendront aussi naturels qu’un smartphone ou une paire de lunettes.
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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.

