Quand on parle de lunettes intelligentes, on imagine souvent un objet futuriste qui traduit les conversations, affiche des informations dans le champ de vision et répond à la voix grâce à l’IA. En Chine, ce futur est déjà très concret. Lors d’un récent voyage, Skarredghost a testé plusieurs modèles de smart glasses et en a tiré une conclusion simple : il est difficile de dire lesquelles sont “les meilleures”.

Pourquoi ? Parce qu’à première vue, beaucoup de lunettes proposent les mêmes promesses : traduction, musique, assistance IA, capture d’images, notifications. Mais comme pour choisir une voiture, la bonne question n’est pas “quelle est la meilleure ?”, c’est plutôt “pour quel usage ?”. Une citadine, un utilitaire et une berline peuvent tous vous transporter, mais ils ne répondent pas au même besoin.

C’est précisément ce que montre l’article original : le marché des lunettes connectées ne se joue plus seulement sur la fiche technique. Il se joue sur des “superpouvoirs” très concrets : la qualité photo, l’autonomie, le style, l’intégration à un écosystème, la lisibilité en extérieur ou encore la batterie interchangeable.

Un marché où les différences se cachent dans les détails

Les smart glasses sont à la croisée de plusieurs mondes : les objets connectés, la réalité augmentée, l’intelligence artificielle et les accessoires du quotidien. Elles doivent donc réussir un exercice compliqué : être utiles comme un smartphone, discrètes comme des lunettes classiques et confortables comme un vêtement.

Dans son article, Skarredghost précise qu’il ne propose pas un classement exhaustif. Il a testé plusieurs modèles en Chine pendant un temps limité, ce qui ne permet pas de juger tous les détails d’un usage long. Il ne parle pas non plus de toutes les marques du marché, XREAL par exemple n’apparaît pas, car il ne l’a pas essayé lors de ce voyage.

Cette prudence est importante. Pour une entreprise qui regarde ces technologies, le bon réflexe n’est pas de chercher “le produit miracle”. Il faut plutôt identifier les critères qui comptent vraiment :

  • Les lunettes doivent-elles filmer ou photographier ?
  • Doivent-elles être portées toute la journée ?
  • Seront-elles utilisées dehors, en plein soleil ?
  • Faut-il les intégrer à des services existants ?
  • Sont-elles destinées à des clients, des techniciens, des formateurs ou des visiteurs ?

Cette logique par usage est essentielle. Une paire parfaite pour un créateur de contenu peut être moins adaptée à un opérateur industriel. Une paire très élégante peut manquer d’autonomie pour une journée terrain. Une paire brillante en Chine grâce à Alipay, Amap et TaoBao peut perdre une partie de son intérêt dans un autre pays si ces services ne sont pas utilisés.

Huawei AI Glasses : la capture du réel comme point fort

Les Huawei AI Glasses ressortent fortement sur un usage : la photo et la vidéo. Selon Skarredghost, elles capturent des images dans un format brut riche en données. Une fois transférées vers le téléphone, un traitement par IA produit une photo finale nette et colorée. C’est un détail important, car les lunettes ont moins d’espace qu’un smartphone pour embarquer de gros capteurs ou de grandes optiques.

L’analogie est simple : les lunettes prennent une sorte de “négatif numérique” très riche, puis le téléphone joue le rôle du laboratoire photo. Le résultat dépend autant de la capture que du traitement logiciel.

La vidéo est également mise en avant. Les séquences sont stabilisées, y compris en courant. Pour des usages professionnels, cette stabilisation change beaucoup de choses. Un formateur terrain, un guide touristique ou un technicien peut documenter une situation sans tenir de caméra à la main.

Autre point clé : l’usage sur toute la journée. Les lunettes sont légères et annoncées avec 12 heures d’autonomie en usage mixte. Cela les positionne comme un objet que l’on peut porter longtemps, pas seulement comme un gadget utilisé dix minutes lors d’une démonstration.

Skarredghost note aussi deux détails intéressants : une fonction de confidentialité audio, avec émission d’une onde inverse pour limiter ce que les personnes autour peuvent entendre, et une vraie résistance à l’eau. Pour un usage métier, ces petits éléments peuvent peser lourd. Dans un atelier, un vignoble, un entrepôt ou un événement en extérieur, la robustesse et la discrétion ne sont pas secondaires.

Rokid : le style, la maturité logicielle et l’ouverture

Rokid est présenté comme l’un des acteurs chinois les plus expérimentés dans les lunettes XR. Cette expérience se voit dans deux dimensions : le design et l’écosystème.

D’abord, le style. Rokid a collaboré avec Bolon, une entreprise d’optique. Cela peut sembler anecdotique, mais c’est central. Des lunettes se portent sur le visage. Si elles sont trop massives, trop techniques ou peu flatteuses, beaucoup d’utilisateurs ne les adopteront pas. Dans la VR, on accepte un casque imposant pour une session courte. Pour des lunettes intelligentes, l’exigence est différente : elles doivent presque disparaître dans le quotidien.

Ensuite, la maturité produit. Skarredghost souligne l’existence d’un SDK, d’un Store, d’intégrations avec des services chinois et d’une ouverture vers des agents ou skills fonctionnant avec OpenClaw. Il mentionne aussi une communauté de développeurs déjà présente.

Pour une entreprise, c’est un signal fort. Un bon matériel ne suffit pas. Il faut des outils pour créer des applications, des services compatibles, des mises à jour, des partenaires et des développeurs. C’est un peu comme acheter un smartphone sans boutique d’applications : l’objet peut être élégant, mais son potentiel reste limité.

Autre élément notable : les lunettes Rokid sont aussi vendues en Occident, contrairement à d’autres modèles cités comme les Huawei AI Glasses, disponibles uniquement en Chine. Pour des responsables innovation européens, cette disponibilité peut faire la différence entre une curiosité de salon et un projet réellement testable.

Alibaba Qwen Glasses : l’écosystème comme accélérateur

Alibaba arrive sur ce marché avec les Qwen Glasses, des lunettes intelligentes avec écran. L’article rappelle qu’Alibaba n’est pas historiquement un fabricant de matériel, mais ce premier pas est intéressant pour une raison majeure : l’intégration à l’écosystème Alibaba.

En Chine, cet écosystème est très puissant. Les Qwen Glasses sont intégrées avec Alipay pour le paiement, Amap pour la navigation et TaoBao pour les achats en ligne. Pour un lecteur occidental, ces noms peuvent sembler lointains. Mais pour un utilisateur chinois, c’est comme si les lunettes étaient directement connectées à une grande partie de sa vie numérique quotidienne.

C’est là que les lunettes intelligentes deviennent plus qu’un écran posé sur le nez. Elles deviennent une interface. Elles peuvent accompagner un déplacement, un achat, une recherche d’information ou une interaction client.

L’autre caractéristique marquante est la luminosité de l’écran : 4000 nits. Skarredghost explique qu’il pouvait lire le texte vert monochrome même en regardant le ciel depuis une fenêtre. Pour la réalité augmentée, la lisibilité en extérieur est un vrai défi. Un affichage parfait en intérieur peut devenir inutilisable au soleil.

Dernier point concret : la batterie interchangeable. L’utilisateur peut porter les lunettes pendant qu’une petite batterie de secours charge dans un chargeur dédié, puis remplacer la batterie vide à la volée. Pour un usage continu, c’est précieux. Dans l’événementiel, la maintenance ou le tourisme, interrompre l’expérience parce que la batterie est vide peut casser tout le dispositif.

Deux usages métiers à surveiller de près

Formation et assistance terrain

Imaginons un technicien en formation sur une machine industrielle. Avec des lunettes capables de filmer de façon stable, de capter des images nettes et d’afficher des instructions simples, il peut apprendre en situation réelle tout en gardant les mains libres. Le formateur peut voir ce que voit l’apprenant, commenter une procédure, ou demander une capture d’un détail précis.

Dans ce contexte, les forces des modèles cités prennent du sens. L’autonomie de 12 heures des Huawei AI Glasses peut convenir à une journée de formation. La maturité logicielle de Rokid, avec SDK et Store, peut faciliter la création d’applications internes. La lisibilité extérieure et la batterie interchangeable des Qwen Glasses peuvent aider sur des sites étendus ou des interventions longues.

Commerce, tourisme et expérience client

Dans le commerce, des lunettes connectées intégrées à un écosystème de paiement, de navigation ou d’achat ouvrent des scénarios très concrets. Un vendeur pourrait accéder à des informations produit sans quitter le client des yeux. Un visiteur dans une boutique, un musée ou un site touristique pourrait recevoir des indications contextuelles, traduites ou enrichies.

Dans le tourisme, la capture vidéo stabilisée peut aussi servir à produire des contenus immersifs plus naturels. Au lieu de raconter une visite après coup, on documente l’expérience au fil du parcours. Les lunettes ne remplacent pas forcément la VR ou les visites 360, mais elles peuvent nourrir ces expériences en images, sons et situations réelles.

De la lunette connectée à l’expérience immersive

Ce que révèle cette comparaison chinoise, c’est que les technologies immersives avancent par briques. Les lunettes intelligentes captent le réel, affichent de l’information et connectent l’utilisateur à des services. La VR, elle, permet de scénariser une expérience complète, de guider un public et de rendre visible ce qui ne l’est pas toujours.

C’est exactement l’approche que l’on retrouve avec explorations360 et easystory360. Pour Phyteis, la solution a été utilisée dans le déploiement d’un film VR interactif dans l’univers viticole, afin de valoriser les coulisses de la production et d’enrichir la communication de marque. Le sujet pouvait sembler technique ou lointain pour le public. L’immersion l’a rendu plus concret, plus vivant, plus facile à comprendre.

Comme le résume Eléonore Leprettre : « La réalité virtuelle nous a permis de faire vivre l'envers du décor : tout l'amont avant que la bouteille arrive sur la table. »

Le lien avec les smart glasses est naturel : dans les deux cas, il s’agit de rapprocher l’utilisateur d’une réalité difficile à expliquer avec de simples mots. Les lunettes peuvent capter ou accompagner le terrain. Une plateforme comme easystory360 permet de transformer cette matière en parcours interactif, utile pour informer, former ou communiquer.

Les lunettes intelligentes ne seront pas toutes adaptées à tous les usages, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Cela signifie que le marché mûrit. Pour les organisations, l’enjeu sera moins de suivre la dernière nouveauté que de choisir le bon outil pour la bonne histoire, le bon public et le bon contexte.

Source de l’article original : https://skarredghost.com/2026/06/10/best-smart-glasses-china-ai/

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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.