Quand on parle de réalité virtuelle et de réalité augmentée, on entend souvent deux discours opposés : d’un côté, l’enthousiasme autour des usages immersifs ; de l’autre, l’idée que le marché ralentit. L’intérêt du regard venu de Chine, c’est justement qu’il permet de sortir de ce débat un peu abstrait pour revenir à des signaux concrets : quels produits avancent vraiment, quels problèmes restent à résoudre, et où se situent les usages utiles ?
C’est dans ce contexte que Skarredghost a publié, le 20 avril 2026, un aperçu du marché XR chinois avant le salon VR AR Expo China, organisé par VR AR World à Shanghai les 14 et 15 mai. Partenaire média de l’événement et intervenant sur place, l’auteur y partage des mini entretiens avec quatre acteurs chinois ou très implantés dans l’écosystème local : Pimax, INMO, FXG et DPVR. Le résultat est intéressant, car il montre moins un marché en crise qu’un marché en phase de tri, de maturation et de spécialisation.
Pour un public non spécialiste, on peut résumer la situation ainsi : la XR n’est plus seulement une vitrine technologique. Elle ressemble de plus en plus à un secteur qui cherche le bon format, comme le smartphone à ses débuts, entre puissance, autonomie, confort et cas d’usage vraiment adoptés.
Un marché qui ralentit en apparence, mais qui se structure
Le point commun des prises de parole recueillies par Skarredghost, c’est qu’aucune de ces entreprises ne décrit la période actuelle comme un effondrement. Chez Pimax, Jaap Grolleman affirme même ne pas voir de “moment difficile” pour l’AR/VR. Il cite un frein très concret, le prix actuel de la RAM, tout en estimant que cette contrainte semble déjà se détendre. Son analyse est simple : davantage d’entreprises reviennent sur le marché, fabricants et développeurs retrouvent de l’intérêt pour le secteur, et les utilisateurs s’habituent progressivement à intégrer ces appareils dans leur vie.
Chez INMO, Near emploie une formule utile pour comprendre le moment actuel : il s’agit moins d’une crise que d’une “sélection naturelle” et d’un travail de raffinement. Autrement dit, la phase d’emballement a laissé place à une phase plus sérieuse. Les concepts immatures, séduisants sur le papier mais peu convaincants à l’usage, laissent progressivement la place à des produits qui répondent à de vrais irritants utilisateur.
Cette idée est importante pour les entreprises. Dans beaucoup d’innovations numériques, le premier bruit médiatique donne l’impression que tout va très vite. En réalité, l’adoption professionnelle avance par couches. Il faut un matériel plus confortable, des contenus plus adaptés, une exploitation simple, et un bénéfice métier visible. La XR suit exactement cette logique.
Quatre visions chinoises, quatre façons d’aborder la maturité
Ce qui ressort de l’article source, c’est la diversité des approches.
Pimax reste positionné sur le PCVR haut de gamme. Jaap Grolleman rappelle que l’entreprise travaille depuis plus de 10 ans sur ce segment. Le produit mis en avant est le Dream Air, un casque annoncé avec 27 millions de pixels, tout en étant plus léger qu’un téléphone. Même si cette promesse demande, comme toujours, à être appréciée en situation réelle, elle donne un bon indicateur de la direction prise : améliorer la qualité visuelle tout en réduisant l’encombrement. Pour comprendre l’enjeu, on peut faire une analogie simple : c’est comme chercher à transformer un casque de chantier lourd en une paire de lunettes plus acceptable au quotidien, sans perdre en précision.
INMO, de son côté, se concentre sur des lunettes AR grand public, sans fil, en couleur, et pensées pour être portées au quotidien. Near insiste sur une approche “All-in-One” légère, élégante et portable. Là encore, le message est clair : l’avenir de certains usages AR ne passera pas forcément par des casques volumineux, mais par des objets plus discrets, proches des accessoires de tous les jours.
FXG, représenté par Nikk Mitchell, apporte un angle complémentaire. L’entreprise crée du contenu immersif et développe de la technologie vidéo immersive. C’est un rappel utile : le marché XR ne repose pas uniquement sur le matériel. Un bon casque sans contenu pertinent, c’est comme un excellent écran sans programme adapté. La chaîne de valeur comprend aussi la production, la captation, l’édition et la diffusion des expériences.
Enfin, DPVR, présenté par son fondateur Sunny Chen, donne une image plus large du calcul spatial. Fondée en 2015, l’entreprise couvre la VR et l’IA avec une logique d’intégration logiciel-matériel et de “visual intelligence”. Son portefeuille comprend des appareils autonomes, des casques PC VR et des plateformes logicielles. DPVR revendique aussi des capacités comme le positionnement millimétrique et la transmission vidéo haute définition, avec des applications dans la robotique intelligente incarnée, l’éducation, le tourisme culturel intégré et la simulation professionnelle. L’entreprise indique être présente dans plus de 40 pays et régions, avec plus de 13 000 partenaires.
Les vrais défis ne sont pas théoriques, ils sont très pratiques
Pour un décideur non technique, le cœur du sujet tient en une équation assez simple : comment rendre ces technologies assez utiles pour justifier leur adoption ?
Near, chez INMO, résume bien le défi actuel en parlant de l’équilibre entre puissance de calcul, autonomie et esthétique. C’est probablement l’une des phrases les plus importantes de l’article source. Dans la XR, ces trois dimensions se tirent souvent dans des directions opposées :
- plus de puissance peut vouloir dire plus de chaleur et moins d’autonomie ;
- plus de batterie peut vouloir dire plus de poids ;
- plus de finesse visuelle peut vouloir dire plus de coût ;
- plus de discrétion dans le design peut limiter certains composants.
C’est pour cela que la maturité du marché est une bonne nouvelle. Elle pousse les acteurs à choisir des compromis plus intelligents. On ne cherche plus seulement à impressionner, on cherche à tenir dans la durée.
Jaap Grolleman ajoute un autre point intéressant : l’IA pourrait accélérer l’innovation, même si ses effets ne sont pas encore totalement visibles. Là encore, il faut éviter le discours magique. Dans le meilleur des cas, l’IA peut aider à simplifier certaines interfaces, personnaliser des parcours, améliorer le support utilisateur ou enrichir des terminaux plus mobiles. Elle ne remplace pas la qualité d’usage, mais elle peut la rendre plus fluide.
Ce que cela change pour les usages métier
Pour les entreprises, ces signaux venus de Chine sont utiles parce qu’ils montrent des produits moins conceptuels et plus orientés terrain.
Formation et simulation
Le cas de DPVR est particulièrement parlant. Quand une entreprise parle de simulation professionnelle, de smart education et de positionnement précis, cela renvoie à des usages très concrets : formation à des gestes techniques, entraînement à des procédures de sécurité, répétition d’opérations sans immobiliser une machine réelle. Dans l’industrie, cela peut réduire les erreurs de prise en main. Dans la santé, cela peut servir à préparer des parcours pédagogiques ou des exercices de mise en situation. Dans la logistique, cela peut aider à apprendre un protocole avant l’entrée sur site.
Culture, tourisme et commerce
L’angle porté par DPVR sur le tourisme culturel intégré, et celui de FXG sur la vidéo immersive, ouvrent aussi des perspectives très concrètes. Un site touristique ou culturel peut utiliser des contenus immersifs pour préparer une visite, prolonger l’expérience après venue, ou rendre accessible un lieu à distance. Dans le commerce, des lunettes AR légères comme celles défendues par INMO peuvent, à terme, soutenir des expériences d’aide au choix, d’affichage contextuel ou d’assistance en magasin, si le confort d’usage suit vraiment.
Dans ces deux exemples, la leçon est la même : la valeur ne vient pas seulement de l’effet “waouh”, mais de la capacité à rendre une information plus visible, plus compréhensible et plus mémorable.
Pourquoi la Chine reste un signal fort pour l’écosystème XR
Le panorama dressé avant VR AR Expo China rappelle que la Chine reste un acteur majeur de l’écosystème immersif mondial. On y voit des entreprises capables de travailler le haut de gamme visuel, comme Pimax, le format lunettes, comme INMO, la brique contenu et vidéo, comme FXG, et l’intégration VR plus IA à grande échelle, comme DPVR.
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’un marché de fabrication. C’est aussi un laboratoire de formats, de compromis techniques et de cas d’usage. Pour les entreprises européennes ou françaises, suivre ces signaux permet d’éviter deux erreurs : croire que tout est prêt, ou au contraire croire que rien n’avance. La réalité se situe entre les deux, avec une progression lente mais tangible.
Quand l’éditorial immersif devient un outil de compréhension
Pour rendre ce type d’évolution lisible, il faut plus qu’une fiche produit. Il faut raconter, comparer, contextualiser. C’est justement là qu’un outil comme easystory360 peut prendre sens. Dans le contexte du salon VR AR Expo China à Shanghai, explorations360 met en lumière les innovations XR chinoises et l’évolution du marché immersif à travers un contenu éditorial spécialisé. Cette logique éditoriale est particulièrement pertinente pour aider des publics non experts à comprendre les visions de Pimax, INMO, FXG et DPVR sur les casques PCVR, les lunettes AR et les terminaux de calcul spatial.
La référence à Jaap Grolleman, pour Pimax, s’inscrit naturellement dans ce cadre : quand on veut expliquer un marché en train de mûrir, on a besoin de formats capables de transformer une information technique en récit accessible. C’est précisément l’intérêt d’une approche de storytelling immersif comme easystory360, que ce soit pour valoriser une innovation, structurer un retour d’expérience ou rendre un sujet technologique plus concret pour des décideurs, des RH, des formateurs ou des responsables innovation.
Au fond, le message envoyé par ces quatre entreprises est assez simple : la XR avance moins par grand soir que par amélioration continue. Plus légère, plus précise, plus portable, mieux ciblée. Ce n’est peut-être pas la phase la plus spectaculaire du marché, mais c’est souvent dans ces moments de consolidation que se construisent les usages durables.
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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.

