En moins de six mois, la société VITURE a levé plus de 200 millions de dollars pour ses lunettes XR. Pour un marché encore jeune, c’est un signal fort. Concrètement, cela signifie que des investisseurs majeurs parient sur l’avenir des lunettes immersives, au-delà du simple gadget technologique.

Fin février 2026, VITURE a annoncé une nouvelle levée de fonds de 100 millions de dollars, après une série B du même montant en septembre 2025. Selon les données de Crunchbase, le financement total atteint désormais 221 millions de dollars. Le tour le plus récent est mené par Legend Capital, un fonds basé à Pékin affilié à Lenovo, avec la participation d’investisseurs stratégiques dont Bertelsmann Group, déjà présent au capital.

Pourquoi un tel intérêt ? Et surtout, qu’est-ce que cela change pour les entreprises, les responsables formation ou les équipes innovation ? Derrière les chiffres, il y a une transformation plus profonde du marché de la réalité étendue.

Comprendre ce que sont vraiment les lunettes XR 

Le terme XR signifie "Extended Reality", ou réalité étendue. Il regroupe la réalité virtuelle, VR pour "Virtual Reality", qui plonge l’utilisateur dans un environnement entièrement numérique, et la réalité augmentée, AR pour "Augmented Reality", qui superpose des éléments numériques au monde réel.

Les lunettes développées par VITURE, comme les séries Luma et Beast XR, ne sont pas des casques VR volumineux. Ce sont des lunettes dites "tethered", c’est-à-dire connectées à un smartphone ou à un PC. Elles utilisent une optique de type "bird bath". Pour simplifier, imaginez un système de miroirs et de lentilles qui projette une image dans votre champ de vision, un peu comme un téléprompteur miniature intégré dans des lunettes.

Ce choix technologique permet de proposer un format plus léger et plus proche de lunettes classiques. En décembre, VITURE a même lancé une édition limitée Cyberpunk 2077 de sa série Luma, en partenariat avec CD Projekt RED. Ce type de collaboration montre que la marque cherche à toucher un public large, du gamer au professionnel.

Depuis sa série B, l’entreprise a également étendu sa présence en Amérique du Nord, avec des démonstrations en magasin chez Best Buy. C’est un indicateur important : on passe d’un produit de niche vendu en ligne à une distribution physique grand public.

Un marché sous tension, entre innovation et bataille juridique 

L’autre fait marquant concerne la concurrence. En janvier, XREAL, un concurrent soutenu par Google, a déposé une plainte pour violation de brevets contre VITURE. XREAL affirme que certains produits comme Viture Pro, Luma Pro et Luma Ultra enfreignent des brevets fondamentaux, notamment aux États-Unis.

VITURE a réagi en qualifiant ces actions de "comportement de type patent troll". L’entreprise a engagé à son tour des procédures en Chine contre XREAL, et d’autres démarches pour contester ce qu’elle décrit comme des déclarations fausses et nuisibles. Elle précise qu’elle n’a pas cherché le conflit, mais qu’elle défendra ses droits si nécessaire. Si la justice lui donne raison, VITURE envisage même de demander des mesures restreignant la fabrication et l’exportation de produits XREAL utilisant la technologie de film électrochrome.

Pour un public non spécialiste, cela peut sembler éloigné des usages métier. En réalité, ces batailles montrent deux choses :

  • Le marché des lunettes AR et XR attire massivement les capitaux, plus encore que la VR selon certains observateurs.
  • Les brevets sur les technologies clés, optiques, affichage, gestion de la transparence, sont devenus stratégiques.

Quand des acteurs lèvent plus de 200 millions de dollars en quelques mois, et que des groupes liés à Lenovo ou Google sont impliqués, cela signifie que l’on est face à un enjeu industriel mondial.

Pourquoi ces investissements intéressent les entreprises ?

Pour un responsable formation ou un directeur innovation, la question est simple : à quoi peuvent servir ces lunettes dans mon organisation ?

Les lunettes XR connectées à un PC ou à un smartphone peuvent devenir des écrans personnels géants, portables, discrets. Elles permettent :

  • D’afficher des instructions en surimpression pendant une opération technique.
  • De simuler des environnements de travail en réalité mixte.
  • De proposer des contenus immersifs sans installer un casque encombrant.

Dans l’industrie, par exemple, un technicien peut visualiser un schéma 3D ou une procédure pas à pas directement dans son champ de vision. Dans la santé, un étudiant en médecine peut consulter des informations contextuelles pendant un exercice de simulation. Dans le commerce, un vendeur peut accéder à des données produit sans quitter le client des yeux.

Le fait que VITURE accélère sa distribution, notamment via Best Buy en Amérique du Nord, suggère que ces usages ne sont plus réservés à des laboratoires. Ils commencent à entrer dans le quotidien.

Cas d’usage concrets en formation et en industrie 

Prenons un cas en formation technique. Une entreprise industrielle souhaite former ses équipes à la maintenance d’une machine complexe. Aujourd’hui, cela passe souvent par des manuels PDF ou des vidéos. Avec des lunettes XR tethered comme les Luma ou Beast XR, il devient possible d’afficher des repères visuels directement sur la machine réelle, en complément d’un module immersif.

On peut imaginer un parcours en deux temps 

  • Une phase immersive en VR pour comprendre le fonctionnement global.
  • Une phase en situation réelle avec lunettes XR pour guider les gestes.

Autre exemple dans le tourisme ou la culture. Un site patrimonial pourrait proposer des lunettes légères permettant de superposer des reconstitutions historiques au décor actuel. Le visiteur voit le bâtiment tel qu’il est, enrichi d’éléments numériques contextuels.

Dans ces scénarios, la clé n’est pas seulement le matériel. C’est la capacité à produire et diffuser des contenus immersifs adaptés, évolutifs, mesurables.

Créer et diffuser des expériences sans complexité technique 

C’est ici que des plateformes comme explorations360 prennent tout leur sens. Car lever 200 millions de dollars pour fabriquer des lunettes XR est une chose. Permettre aux entreprises de créer facilement des contenus immersifs en est une autre.

Avec une approche "No Code", il devient possible de concevoir des expériences 360 sans écrire une ligne de code. Un formateur peut structurer un parcours immersif, intégrer des points d’interaction, ajouter des quiz VR avec connexion LMS pour suivre les résultats.

La "Diffusion casques VR" et le "Réseau autonome" permettent de déployer ces expériences sur site, même sans connexion Internet. C’est essentiel dans une usine, un chantier ou un lieu patrimonial.

Enfin, la "Publication web" offre la possibilité d’intégrer directement une expérience 360 sur son propre site. Dans un contexte où des lunettes XR se connectent à un PC ou à un smartphone, cette compatibilité web devient stratégique. On crée une fois, on diffuse sur plusieurs supports.

Conclusion 

La levée de fonds de 200 millions de dollars par VITURE en moins de six mois n’est pas qu’un fait financier. C’est un indicateur de maturité du marché XR. Entre expansion commerciale chez Best Buy, partenariats comme celui avec CD Projekt RED, et affrontement juridique avec XREAL soutenu par Google, le secteur entre dans une phase industrielle.

Pour les entreprises, la question n’est plus "Est-ce que la XR va exister ?" mais "Comment l’intégrer intelligemment dans mes processus ?" Les lunettes évoluent, les investissements s’accélèrent. Reste à transformer cette dynamique technologique en valeur concrète, mesurable et utile sur le terrain.

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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.