Les salles de réunion ont changé de métier. Hier, elles servaient surtout à accueillir une réunion formelle, parfois une visioconférence avec un peu de préparation technique. Aujourd’hui, la même salle peut recevoir une réunion générale le matin, être divisée en deux espaces de formation l’après-midi, puis accueillir un atelier hybride avec une partie des participants à distance. Le tout doit fonctionner sans friction.

C’est précisément le sujet traité par Christopher Carey dans l’article “The Architecture Play : Inside Yealink’s AV ONE Concept”, publié le 29 avril 2026 sur UC Today. Yealink y présente AV ONE, une architecture ProAV, c’est-à-dire audio-visuelle professionnelle, pensée pour réunir l’audio, la vidéo, le contrôle et les capteurs dans une approche unique.

Derrière cette annonce, il y a un enjeu très concret pour les entreprises, les écoles, les hôpitaux, les organismes de formation ou les lieux culturels : comment rendre les espaces hybrides plus simples à utiliser, plus cohérents à maintenir et plus agréables pour les personnes qui les fréquentent ? Car les utilisateurs ne comparent plus une salle de réunion à une autre salle de réunion. Ils la comparent à leur ordinateur portable, à leur smartphone, à une application de visioconférence qu’ils maîtrisent déjà.

Pourquoi les salles de réunion sont devenues plus complexes

La pandémie a accéléré un basculement déjà en cours. Avant, beaucoup de collaborateurs découvraient la visioconférence lors d’un appel occasionnel en salle de conseil ou pendant un webinaire. Ils acceptaient donc plus facilement les câbles, les réglages manuels, les micros capricieux et les caméras mal cadrées.

Ce temps est largement révolu. Les réunions vidéo sont devenues quotidiennes. Chacun sait désormais ce qu’est une image correcte, un son clair, une connexion rapide. L’article de UC Today souligne ce changement de tolérance : les utilisateurs attendent des grandes salles multi-usages la même simplicité que sur leurs appareils personnels.

Le problème, c’est que l’envers du décor est plus compliqué. Une salle moderne ne se limite plus à “une caméra et un écran”. Elle peut combiner :

  • des micros de plafond ou de table ;
  • plusieurs caméras ;
  • des enceintes ;
  • des écrans ;
  • une tablette de contrôle ;
  • des capteurs de présence ou d’occupation ;
  • des systèmes de réservation ;
  • des plateformes de visioconférence ;
  • parfois des cloisons mobiles et plusieurs configurations de salle.

Quand ces éléments viennent de fournisseurs différents, les équipes IT et AV doivent assembler un puzzle. Chaque pièce fonctionne peut-être très bien seule, mais l’ensemble peut devenir fragile. C’est un peu comme construire une cuisine professionnelle avec des équipements excellents, mais dont aucun bouton, aucune mesure et aucune logique de sécurité ne seraient pensés ensemble. Le résultat peut fonctionner, mais il demande beaucoup de réglages et de maintenance.

Logan Lu, Director of Yealink’s EMEA Sales Engineer Team, résume bien la difficulté : “Technology changes so fast… Every day we have new technology, new ideas – but that means you need a lot of effort to learn new stuff, new vendor solutions, background technology, how it works.” Autrement dit, la nouveauté est utile, mais elle ajoute aussi une charge d’apprentissage et d’intégration.

AV ONE : une architecture plutôt qu’un simple produit

L’intérêt d’AV ONE est de ne pas être présenté comme un accessoire de plus. Yealink le décrit comme une architecture ProAV unifiée. L’idée est de concevoir l’audio, la vidéo, le contrôle et les capteurs comme un système cohérent dès le départ.

Pour un public non spécialiste, on peut comparer cela à la différence entre meubler une maison pièce par pièce sans plan, et construire une maison avec un plan électrique, acoustique et fonctionnel commun. Dans le premier cas, on peut obtenir un bon résultat, mais chaque ajout crée de nouvelles questions. Dans le second, les usages sont anticipés.

AV ONE répond surtout aux espaces multi-usages. L’article cite des salles capables d’accueillir un town hall, puis une formation, puis deux réunions indépendantes grâce à des murs mobiles ou à une disposition reconfigurable. Chaque mode impose des choix différents : quel micro capte quelle zone ? Quelle caméra suit quel groupe ? Quelle interface contrôle quel écran ? Quels participants distants voient quelle scène ?

Logan Lu le formule simplement : “If you just need a camera, you just need audio, that’s actually not that kind of complexity. But when it comes to real multi-purpose… I may need to divide this room into two individual rooms – that makes the room more complex.”

C’est là que la standardisation devient stratégique. Au lieu de repartir d’une page blanche pour chaque salle, les organisations peuvent s’appuyer sur des modèles répétables. Cela réduit les décisions sur mesure, facilite la mise en service et rend le support moins réactif. En clair : on passe d’un artisanat technique salle par salle à une méthode de déploiement plus industrielle.

L’IA discrète : quand la technologie se fait oublier

L’article insiste sur un point important : dans AV ONE, l’intelligence artificielle n’est pas mise en avant comme un gadget spectaculaire. Elle est présentée comme un moyen de réduire l’effort et d’améliorer la régularité.

Une bonne expérience d’IA dans une salle ne devrait presque pas se voir. Les personnes entrent, lancent leur réunion, se connectent avec ou sans fil, et le système s’ajuste. Les caméras cadrent automatiquement les bonnes personnes. L’audio s’adapte aux conditions acoustiques. Les interfaces de contrôle restent compréhensibles.

C’est un enjeu très proche de celui des technologies immersives. Dans une expérience VR ou AR réussie, l’utilisateur ne doit pas penser au matériel. Il doit se concentrer sur la formation, la visite, le soin, la simulation ou la collaboration. La technologie est comme l’éclairage dans un musée : indispensable, mais rarement remarquée quand elle est bien conçue.

Cette logique est particulièrement importante pour l’acoustique. UC Today rappelle que l’acoustique, autrefois moins surveillée, est désormais beaucoup plus scrutée. Les participants remarquent vite une salle fatigante, un son dur ou une mauvaise compréhension des personnes à distance. Or, dans le travail hybride, un mauvais son exclut littéralement une partie du groupe.

Ce que les organisations peuvent en retenir

AV ONE illustre une évolution plus large du marché : les environnements de travail, de formation et de service deviennent plus immersifs, mais aussi plus dépendants de systèmes fiables. La performance ne se mesure pas seulement à la fiche technique. Elle se mesure à la capacité de reproduire une bonne expérience dans plusieurs lieux, plusieurs formats et plusieurs équipes.

Pour un responsable innovation ou formation, la question n’est donc pas seulement : “Quelle caméra choisir ?” Elle devient : “Quel parcours utilisateur voulons-nous garantir ?” Une salle hybride bien pensée doit répondre à quelques critères simples :

  • les utilisateurs comprennent rapidement quoi faire ;
  • la qualité audio et vidéo reste stable ;
  • les configurations sont prévisibles ;
  • les équipes techniques peuvent maintenir l’ensemble sans réinventer la roue ;
  • les données issues des capteurs servent à améliorer l’usage, sans complexifier l’expérience.

Cette approche rejoint une règle clé des projets immersifs : il faut standardiser ce qui peut l’être, pour libérer du temps sur ce qui crée vraiment de la valeur. Dans une formation VR, par exemple, le casque, l’accès au contenu et le suivi doivent être simples. L’énergie doit porter sur le scénario pédagogique, pas sur la résolution de problèmes techniques.

Cas d’usage concrets : de la formation à la santé

Formation professionnelle

Imaginons un centre de formation interne dans une grande entreprise industrielle. La même salle sert à former des techniciens, à organiser des ateliers sécurité et à connecter des experts distants. Avec une approche inspirée d’AV ONE, les configurations peuvent être préparées à l’avance : mode présentation, mode atelier, mode double salle, mode visioconférence. Le formateur ne devient pas technicien audiovisuel. Il choisit un scénario, puis se concentre sur les apprenants.

Dans une logique immersive, cette salle peut aussi devenir un point d’accès à des contenus VR ou 360. Les participants observent une procédure en vidéo immersive, échangent avec un expert à distance, puis passent à la pratique. L’enjeu est le même que pour AV ONE : créer un environnement reproductible, où la technologie soutient le geste pédagogique.

Santé et parcours patient

Dans le secteur de la santé, la complexité n’est pas seulement technique. Elle est aussi émotionnelle. Un patient anxieux avant une IRM ou un scanner n’a pas besoin d’une démonstration technologique. Il a besoin d’un parcours rassurant, clair et répétable.

C’est ici que le parallèle avec explorations360 devient naturel. Au Centre Hospitalier Saint-Helier, easycare360 a été déployé pour l’habituation aux soins de patients anxieux, notamment avant des examens comme l’IRM ou le scanner. Le projet illustre exactement cette idée : utiliser une approche standardisée et reproductible pour améliorer l’expérience utilisateur dans un environnement complexe.

Comme AV ONE cherche à rendre les salles hybrides plus simples et plus cohérentes, easycare360 aide à rendre certains parcours de soin plus compréhensibles et plus apaisants. Le patient peut se familiariser avec un environnement, anticiper les étapes, réduire l’effet de surprise. Pour les équipes, l’intérêt est aussi opérationnel : proposer un support constant, facile à réutiliser et adapté à des situations sensibles.

Plus largement, explorations360 s’inscrit dans cette même philosophie avec ses outils immersifs. easystory360 permet de concevoir des expériences 360 scénarisées, easybox360 facilite le déploiement terrain, easykiosk360 rend l’accès plus simple dans des lieux recevant du public, et easycare360 répond aux usages de santé et d’accompagnement. L’objectif n’est pas de faire de la technologie pour la technologie, mais de créer des expériences fiables, compréhensibles et utiles.

La leçon d’AV ONE dépasse donc la salle de réunion. Elle rappelle que les technologies immersives et hybrides ne changent vraiment les usages que lorsqu’elles deviennent simples à déployer, simples à maintenir et simples à vivre. Demain, les meilleurs dispositifs seront peut-être ceux que l’on remarque le moins, parce qu’ils permettront aux personnes de se concentrer sur l’essentiel : apprendre, collaborer, se préparer, se soigner ou découvrir.

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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.