Quand Meta a rebaptisé Facebook en 2021, le message était clair : l’avenir serait immersif. Le "métavers" devait devenir le nouvel internet, accessible principalement via la VR, la réalité virtuelle. Casque sur la tête, avatar personnalisé, réunions et collaborations dans des mondes numériques en 3D.

Quelques années plus tard, le titre "Meta’s VR Metaverse Abandons Its Own VR" interpelle. Comment un acteur qui a investi des milliards dans la réalité virtuelle peut-il prendre ses distances avec son propre écosystème VR ? Même sans disposer du contenu détaillé de l’article source, ce signal traduit une tendance plus large : le métavers ne peut pas reposer uniquement sur la VR.

Pour les entreprises, les responsables formation, les RH ou les directions innovation, cette évolution est loin d’être anecdotique. Elle dit quelque chose de fondamental sur la maturité des technologies immersives et sur la façon de les déployer de manière pragmatique.

Du tout VR à l’hybride : un changement stratégique

La VR, réalité virtuelle, désigne une immersion complète dans un environnement numérique grâce à un casque. L’utilisateur est coupé visuellement du monde réel et interagit dans un univers simulé. L’AR, réalité augmentée, superpose quant à elle des éléments numériques au monde réel via un smartphone, une tablette ou des lunettes spécifiques. L’ensemble est souvent regroupé sous le terme XR, extended reality.

Au départ, la vision du métavers portée par Meta reposait massivement sur la VR. L’idée était simple : pour vivre une expérience immersive riche, il fallait un casque.

Mais plusieurs freins sont apparus

  • L’équipement : tous les collaborateurs ne disposent pas d’un casque VR.
  • Le confort : certaines personnes ressentent de la fatigue ou un inconfort après plusieurs dizaines de minutes.
  • L’usage quotidien : porter un casque plusieurs heures par jour reste contraignant.
  • L’intégration IT : déployer et gérer un parc de casques à grande échelle demande une organisation.

Résultat, le métavers orienté uniquement VR peut devenir excluant. Or, en entreprise, l’enjeu est l’accessibilité. Si un outil ne peut être utilisé que par une partie des équipes, il limite son impact.

Revenir vers des expériences accessibles depuis un simple navigateur web, un ordinateur portable ou un mobile n’est donc pas un abandon de la VR. C’est un élargissement. Une reconnaissance que l’immersion doit être modulable.

L’immersion ne se limite pas au casque

On associe souvent immersion et casque VR. Pourtant, l’immersion est avant tout une question d’engagement cognitif.

Regarder une vidéo 360 sur un écran permet déjà de changer de point de vue, d’explorer un espace, de se projeter. C’est comme visiter un lieu via Google Street View, mais enrichi d’interactions, de contenus pédagogiques, de scénarios.

Un environnement immersif peut ainsi être décliné en plusieurs niveaux

  • Consultation sur écran classique.
  • Navigation interactive en 360 degrés.
  • Expérience complète en casque VR.

Ce modèle hybride répond à une réalité business : tout le monde n’a pas besoin d’un casque, tout le temps. En revanche, tout le monde peut bénéficier d’un contenu immersif bien conçu.

Pour une direction formation, cela signifie qu’un module peut être consulté en e-learning classique, puis expérimenté en VR lors d’une session présentielle. Pour un service commercial, une visite immersive peut être envoyée à un prospect sous forme de lien web, puis vécue en casque lors d’un salon professionnel.

La valeur se déplace alors du matériel vers le contenu et la scénarisation.

Quels enjeux pour les entreprises ?

Si un géant comme Meta ajuste sa stratégie, c’est aussi parce que le marché évolue. Les entreprises recherchent aujourd’hui :

  • Des solutions interopérables, compatibles avec leurs outils existants.
  • Des déploiements progressifs, sans investissement massif immédiat.
  • Des cas d’usage concrets, mesurables.

Le métavers comme concept global reste abstrait pour beaucoup de dirigeants. En revanche, la formation immersive, la visite virtuelle d’un site industriel ou la simulation d’un geste technique sont immédiatement compréhensibles.

Autrement dit, on passe d’une vision futuriste à une approche pragmatique.

Plutôt que de créer un monde virtuel permanent où tout se passerait, les entreprises privilégient des expériences ciblées : un module de formation sécurité, une démonstration produit, un parcours d’onboarding.

C’est comparable à l’évolution du cloud. Au départ perçu comme une révolution globale, il s’est finalement imposé par des usages précis, service par service.

Cas d’usage concrets

Formation en industrie

Imaginons un site industriel avec des machines complexes. Former un nouvel opérateur directement sur la chaîne comporte des risques et mobilise du temps expert.

Une expérience immersive 360 permet de

  • Visualiser l’environnement réel du site.
  • Identifier les zones à risque.
  • Simuler des procédures de sécurité.
  • Tester les connaissances via des questions interactives.

L’apprenant peut suivre le module sur ordinateur, puis vivre une session en casque VR pour renforcer l’ancrage mémoriel. On ne remplace pas le terrain, on le prépare.

Santé et simulation

Dans le secteur médical, la VR est déjà utilisée pour simuler des situations d’urgence. Mais tout le personnel n’a pas forcément accès à un casque.

Une approche hybride permet

  • Une première sensibilisation via une expérience immersive accessible sur navigateur.
  • Une session avancée en VR pour les équipes spécialisées.

Ce modèle optimise les coûts tout en maintenant un haut niveau d’exigence pédagogique.

Commerce et tourisme

Pour un réseau d’agences immobilières ou un office de tourisme, une visite immersive 360 peut être diffusée en ligne. Le client explore à distance. En point de vente, la même expérience peut être proposée en casque VR pour créer un effet "waouh" et favoriser la projection.

On voit ici que la VR devient un accélérateur d’expérience, pas l’unique porte d’entrée.

Ce que cela signifie pour votre stratégie immersive

Le message clé n’est pas que la VR échoue. C’est qu’elle s’inscrit dans un écosystème plus large.

Avant de lancer un projet immersif, posez-vous trois questions simples

  • Qui sont les utilisateurs finaux ?
  • Dans quel contexte vont-ils accéder au contenu ?
  • Quel est l’objectif mesurable : réduction d’erreurs, gain de temps, amélioration de l’engagement ?

Si la réponse implique une large diffusion, le web et le 360 interactif seront centraux. Si l’objectif est la simulation avancée ou l’impact émotionnel fort, le casque VR prendra tout son sens.

L’important est de concevoir des expériences adaptables.

C’est précisément dans cette logique que des plateformes comme explorations360 prennent toute leur valeur. Grâce à une approche "No Code", il est possible de créer des expériences immersives riches sans compétences techniques avancées. Les contenus peuvent être publiés directement sur le web pour un accès simple via un navigateur, puis diffusés en casques VR lorsque le contexte s’y prête.

La plateforme 100% cloud permet de charger des contenus et de les transformer rapidement en expériences 360 interactives. Pour la formation, l’intégration de quiz VR facilite l’évaluation des acquis, avec la possibilité de connecter les résultats à un LMS.

Autrement dit, vous n’êtes pas obligé de choisir entre web et VR. Vous pouvez concevoir une expérience une fois, et la décliner selon vos publics et vos objectifs.

Vers un métavers plus mature

Le repositionnement stratégique de Meta illustre une réalité : l’immersion n’est pas une fin en soi. C’est un moyen au service d’objectifs concrets.

Le futur ne sera probablement ni 100% VR, ni 100% écran classique. Il sera hybride, contextuel, orienté usage.

Pour les organisations, c’est une bonne nouvelle. Cela signifie que les technologies immersives deviennent plus accessibles, plus modulaires et plus alignées avec les besoins métiers.

Plutôt que de courir après un métavers théorique, l’enjeu est de créer des expériences utiles, mesurables et adaptées à vos équipes. La question n’est plus "Faut-il aller dans le métavers ?" mais "Comment l’immersion peut-elle servir ma stratégie aujourd’hui ?".

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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.