En juillet 2016, nos équipes ont installé au Musée Océanographique de Monaco ce qui allait devenir l'une de nos réalisations les plus durables : ImmerSEAve 360°, la première salle de réalité virtuelle permanente et modulaire dans un musée au monde.

Une première mondiale dans un lieu mythique

Le Musée Océanographique de Monaco, fondé par le Prince Albert Ier et perché sur le Rocher depuis 1910, est l'un des plus anciens aquariums au monde. Quand ses équipes nous ont sollicités pour imaginer une expérience immersive capable de transporter les visiteurs au cœur des écosystèmes marins, le défi était aussi technique que symbolique : installer de la réalité virtuelle dans un monument historique classé, de manière permanente, modulaire et accessible au grand public.

À l'époque, quelques salles de réalité virtuelle permanentes existaient déjà dans le monde — Zero Latency à Melbourne (août 2015, une salle de jeu VR de 430 m²), le VR Cinema d'Amsterdam (octobre 2015, premier cinéma VR permanent) ou encore PickupVRCinema à Paris (mai 2016). Mais aucune dans un musée. Les expériences immersives muséales restaient ponctuelles, liées à des événements ou des expositions temporaires. Ici, l'ambition était différente : créer un dispositif capable de tourner tous les jours, toute l'année, avec un flux continu de visiteurs de tous âges et de toutes nationalités.

Un ancêtre d'easybox360, pensé pour le terrain

Le système que nous avons conçu pour Monaco était l'ancêtre de ce qui deviendra plus tard easybox360. Le principe : un PC central pilotant simultanément jusqu'à 40 casques Samsung Gear VR équipés de smartphones Samsung Galaxy S6 et S7. Le tout synchronisé, lancé et contrôlé depuis un seul poste, sans que chaque visiteur ait besoin de manipuler quoi que ce soit.

Pour un musée qui accueille des centaines de milliers de visiteurs par an, cette simplicité d'usage était non négociable. Le médiateur devait pouvoir lancer une session en un geste, accueillir un groupe, et enchaîner avec le suivant. Pas de configuration individuelle, pas de téléchargement, pas d'attente. On s'assoit, on met le casque, et l'océan apparaît.

Ce choix d'architecture — un pilotage centralisé de casques autonomes — est resté au cœur de notre approche depuis. C'est exactement la logique qu'on retrouve aujourd'hui dans easybox360, avec des casques plus modernes (Pico, Meta Quest), une tablette de pilotage WiFi et un fonctionnement 100% hors-ligne.

Plonger sans masque ni tuba

L'expérience ImmerSEAve 360° proposait aux visiteurs de découvrir des aires marines protégées en Méditerranée, sans masque ni tuba. Équipés de casques VR, ils plongeaient virtuellement au milieu des requins, des phoques, des tortues, des dauphins et des récifs coralliens. Deux films immersifs étaient proposés : "Little Big Whale" et "Tubbataha 360°", pour une immersion totale d'environ 13 minutes.

Chaque session était encadrée par un médiateur du musée qui introduisait l'expérience, expliquait le fonctionnement des casques et échangeait avec les visiteurs sur la réalité virtuelle et la préservation des océans. La VR devenait ainsi un outil de médiation scientifique, pas seulement un spectacle.

Les sessions accueillaient jusqu'à 8 personnes simultanément, avec réservation recommandée. L'activité était proposée en complément du billet d'entrée, à partir de 12 ans.

10 ans d'activité quotidienne, sans maintenance

Le fait le plus remarquable de ce déploiement, c'est sa longévité. Le dispositif installé en 2016 est resté en activité quotidienne pendant près de 10 ans. Dix ans de sessions, de visiteurs, de manipulations, de nettoyages, sans jamais nécessiter d'intervention de maintenance de notre part.

Ce n'est qu'au bout d'une décennie que les batteries des smartphones Samsung ont commencé à montrer des signes de fatigue — un résultat tout à fait normal pour du matériel utilisé aussi intensivement. Pour le musée, le retour sur investissement a été exceptionnel : un équipement amorti dès les premières années, puis des milliers de sessions supplémentaires sans coût additionnel.

Cette durabilité n'est pas un hasard. Elle vient d'une conception pensée pour le terrain : matériel robuste, architecture simple, pas de pièces mobiles complexes, pas de dépendance à internet, et un logiciel stable qui n'avait pas besoin de mises à jour fréquentes.

Ce que Monaco nous a appris

Ce projet a été fondateur pour explorations360. Il nous a montré que la VR pouvait fonctionner dans un contexte exigeant — flux de visiteurs élevé, public non technophile, contraintes patrimoniales, exploitation quotidienne — à condition de penser le dispositif pour le terrain, pas pour la démonstration.

Les leçons de Monaco sont devenues les principes d'easybox360

  • pilotage centralisé de tous les casques
  • démarrage en un geste par le médiateur
  • fonctionnement autonome sans internet
  • robustesse et fiabilité sur la durée
  • contenu interchangeable sans intervention technique

Pour les musées, aquariums, sites patrimoniaux et lieux culturels qui s'interrogent sur la VR, ImmerSEAve 360° reste une preuve concrète : oui, un dispositif immersif peut tenir dans la durée, s'intégrer dans un parcours de visite et créer de la valeur pour les visiteurs comme pour l'établissement.

Sources : RécréaNice · Plongez.fr · Plateforme Médiation Muséale

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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.