Et si l’on pouvait « voir » une crue arriver, quartier par quartier, avant qu’elle ne survienne ?

En France, les inondations restent le premier risque naturel, avec un quart des Français exposés et un impact potentiel sur un tiers des emplois. Dans ce contexte, l’IGN mise sur un jumeau numérique 3D du territoire pour mieux anticiper crues et submersions marines.

Pourquoi le jumeau numérique devient un outil anti-inondation

Le jumeau numérique est une réplique virtuelle d’un espace réel, alimentée par des données terrain. Ici, il ne sert pas qu’à « montrer » la France, mais à tester des scénarios d’adaptation face au risque climatique.

L’Atlas IGN 2025 « Cartographier l’anthropocène » met ce levier au cœur de la lutte contre les crues. L’approche s’inscrit aussi dans une culture du risque et des actions de terrain comme la renaturation des abords de cours d’eau.

Le rapport rappelle que le réchauffement climatique pourrait augmenter la fréquence ou l’ampleur des inondations sur une large partie du territoire. D’où l’enjeu d’une donnée géographique utile à la fois localement et à l’échelle nationale.

  • Comprendre le risque à l’échelle d’une commune, d’un quartier, d’un axe routier
  • Comparer des choix d’aménagement sur un territoire souvent ancien et peu adapté
  • Rendre visibles les effets de l’artificialisation, de l’urbanisation ou de la canalisation des cours d’eau

Lidar HD : la brique de données 3D qui change l’échelle

Pour alimenter ce jumeau numérique, l’IGN coordonne le programme Lidar HD. Le LiDAR (Light Detection And Ranging) est une télédétection qui mesure le relief via des impulsions laser, souvent depuis des moyens aériens.

L’objectif est une cartographie 3D du relief et du « sursol » avec un haut niveau de fiabilité. On parle ici de bâtiments, routes, ponts, digues, végétation et même certaines structures qui conditionnent la propagation de l’eau.

Le programme couvre la France hexagonale, la Corse et les DROM, à l’exception de la Guyane. Démarré en 2021, il doit s’achever dans les mois à venir selon l’article source.

En 2025, les premiers modèles 3D ont été livrés en open data, sur un périmètre équivalent à 135 000 km². Un choix clé pour accélérer la réutilisation par les territoires et l’écosystème.

  • Données 3D pour lire finement les pentes, talwegs et micro-reliefs
  • Description du bâti et des infrastructures qui canalisent ou bloquent l’eau
  • Base commune pour bureaux d’études, collectivités, chercheurs et entreprises

Simuler des crues, pas seulement cartographier

Le jumeau numérique n’a pas pour seul rôle de collecter et visualiser. Comme dans l’industrie, il sert à expérimenter virtuellement des scénarios, afin de mieux cerner le risque et d’orienter l’action publique et privée.

Les simulations permettent de faire varier des paramètres comme l’intensité des pluies, l’occupation des sols, ou les vitesses d’écoulement associées. On obtient alors des projections concrètes, compréhensibles et comparables.

Des atlas de scénarios d’inondation et d’impacts futurs doivent être construits. Ils pourront aider, par exemple, à identifier des zones à faible risque pour y installer des infrastructures sensibles.

  • Tester des hypothèses d’aménagement avant d’investir sur le terrain
  • Sécuriser l’implantation d’hôpitaux, casernes de pompiers ou équipements critiques
  • Évaluer comment certains choix aggravent ou réduisent les effets d’une crue

Superposer les données pour comprendre l’impact réel

La puissance du jumeau numérique vient aussi de la superposition de sources. En plus du Lidar HD, des bases comme OCS GE (occupation du sol) ou les PLU (plans locaux d’urbanisme) alimenteront le modèle.

Cette « pile » de données permet de relier l’aléa (l’eau) aux enjeux (bâtiments, réseaux, usages). On passe d’une carte de zones inondables à une lecture opérationnelle, secteur par secteur.

Selon la responsable de projets citée dans l’article, l’objectif est de prédire avec une marge d’erreur très faible jusqu’où l’eau va se propager sur une commune, selon l’ampleur de la crue du cours d’eau.

La superposition permet aussi des scénarios extrêmes, comme la destruction d’une digue lors d’une crue centennale, tout en visualisant précisément les secteurs inondés à la suite de cette rupture.

  • OCS GE pour relier sols, perméabilité, usages et ruissellement
  • PLU pour croiser règles d’urbanisme et exposition au risque
  • Infrastructures (digues, ponts) pour simuler points de blocage et débordements

Imaginez… un conseil municipal face à une crue centennale

Imaginez une commune traversée par une rivière. Sur un écran 3D, les élus visualisent plusieurs hauteurs de crue et voient quels îlots deviennent inaccessibles, quels ponts isolent des quartiers et quelles zones doivent être évacuées en premier.

Au lieu d’arbitrer sur un plan 2D ou des tableaux, la décision s’appuie sur une simulation spatiale. La visualisation 3D rend le risque lisible pour des non-spécialistes, sans exiger une expertise hydraulique.

  • Prioriser des travaux de protection là où l’impact est le plus critique
  • Ajuster un projet urbain en fonction d’impacts visibles et partagés
  • Préparer une stratégie d’évacuation cohérente avec le terrain réel

Des implications concrètes pour collectivités, public et privé

L’article source insiste sur l’intérêt pour les institutions et collectivités, mais aussi pour des acteurs publics et privés. L’enjeu est de tester des scénarios d’aménagement pour réduire les risques de crue.

Côté gestion de crise, un jumeau numérique 3D améliore la préparation en amont. Côté aménagement, il aide à corriger des configurations héritées qui peuvent accentuer le risque, comme l’artificialisation des sols.

Côté innovation, l’open data joue un rôle d’accélérateur. L’IGN a d’ailleurs lancé, avec le Cerema et l’Inria, un « appel aux communs » mandaté par le SGPI, qui a reçu 200 réponses.

  • Collectivités : arbitrer entre protection, renaturation, urbanisme et coûts
  • Bureaux d’études : disposer d’un socle 3D fiable pour analyser et simuler
  • Recherche/innovation : bâtir des outils réutilisables à partir de données ouvertes

Imaginez… une borne immersive pour diffuser la culture du risque

Imaginez un hall de mairie où les habitants explorent une maquette 3D de leur quartier. En quelques minutes, ils visualisent les zones touchées selon la hauteur d’eau et comprennent pourquoi certaines rues deviennent des pièges.

Dans cette logique, une borne easykiosk360 d’explorations360 pourrait accueillir des contenus interactifs de sensibilisation. L’objectif n’est pas de faire « spectaculaire », mais de rendre concret un risque souvent abstrait.

Pour former les agents, des parcours immersifs peuvent aussi scénariser des décisions. Avec easystory360, on construit des modules interactifs où l’apprenant choisit une action et observe ses conséquences dans la simulation.

  • Sensibilisation grand public via easykiosk360 en accès libre
  • Parcours de formation scénarisés avec easystory360
  • Intégration possible dans des dispositifs no-code et diffusion via LMS

XR, immersion 3D : de quoi parle-t-on exactement ?

La VR plonge l’utilisateur dans un environnement 100% numérique, souvent via un casque. L’AR ajoute des informations numériques au monde réel, via mobile ou lunettes.

La XR regroupe VR et AR et la MR combine réel et virtuel avec un ancrage spatial plus fort. Ces approches peuvent servir à explorer un jumeau numérique de façon intuitive.

Des notions comme le passthrough (vidéo du monde réel affichée dans le casque) ou le hand tracking (suivi des mains) facilitent l’usage sans contrôleurs. Elles rendent l’exploration 3D plus naturelle en réunion ou en formation.

  • VR pour visiter une simulation de crue en immersion totale
  • AR/MR pour superposer des niveaux d’eau à une maquette ou un site réel
  • XR pour partager un même jumeau numérique entre experts et décideurs

Comment explorations360 s’inscrit dans cette dynamique

Le jumeau numérique de l’IGN vise la compréhension et la décision. Les technologies immersives, elles, transforment ces données en expériences pédagogiques, de concertation ou d’entraînement opérationnel.

explorations360 peut contribuer à cette chaîne de valeur avec des formats 360° et VR orientés terrain. easybox360 facilite la captation 360° sur site, utile pour contextualiser un scénario dans un lieu réel.

Des quiz VR peuvent renforcer l’apprentissage en situation, en validant des réflexes et des procédures. Le no-code accélère la production et un LMS permet de suivre la progression des agents formés à la gestion de crise.

  • easybox360 pour documenter un site et enrichir la compréhension terrain
  • easystory360 pour scénariser, brancher des choix, créer des parcours
  • quiz VR + LMS pour évaluer, tracer et industrialiser la formation

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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.