Et si la prochaine grande vague de contenus en réalité augmentée se créait sans coder, comme on met en page un visuel sur Canva ?

Créer une expérience en AR a longtemps impliqué Unity ou Unreal Engine, des outils puissants mais complexes. Trace, fondée par d’anciens ingénieurs de Magic Leap, veut abaisser cette barrière avec une plateforme de création no-code.

Un lancement au bon moment : un marché “orphelin”

Trace arrive dans un contexte de retraits majeurs côté outils grand public. Adobe a arrêté Aero et Meta a mis fin à Spark AR en janvier 2025, laissant de nombreux créateurs sans solution de production et de publication.

Pour capter cette audience, Trace propose trois mois gratuits de son offre premium aux utilisateurs qui migrent depuis Aero et Spark AR. Une mécanique simple, pensée pour accélérer l’adoption dès le lancement.

  • Fin d’Adobe Aero : disparition d’un outil AR accessible
  • Fin de Meta Spark AR : arrêt d’un standard de création de filtres
  • Offre de migration Trace : 3 mois premium pour faciliter la bascule

Trace : le “Canva de l’AR” version no-code

Trace présente une promesse claire : concevoir et partager des expériences AR sans code et sans expertise avancée en design. L’approche vise autant les marques que les créateurs indépendants et les équipes terrain.

La logique no-code signifie ici une création visuelle. On assemble des contenus et des interactions sans programmation, via une interface pensée pour réduire la complexité et accélérer le prototypage.

  • No-code : pas de développement nécessaire
  • Création “design, drop, share” : concevoir, déposer, partager
  • Support multi-écrans : mobile, casques XR, lunettes AR

Où et comment utiliser Trace aujourd’hui

Selon l’annonce, la plateforme est disponible gratuitement sur l’App Store pour iPhone et iPad, avec un abonnement premium à partir de 20 dollars par mois. Les créations peuvent être consultées via l’app Trace Viewer.

Trace indique aussi la possibilité d’importer des assets 3D existants via son Web Studio. Cela ouvre la porte à la réutilisation de bibliothèques 3D déjà produites pour du marketing ou de l’ingénierie.

  • App iOS : iPhone et iPad
  • Trace Viewer : visualisation des expériences
  • Web Studio : import d’assets 3D existants

Géolocalisation : l’AR qui s’active au bon endroit

Trace cible notamment des contenus AR “location-based”, c’est-à-dire ancrés à un lieu. Ce point change la nature des expériences : on ne parle plus seulement d’un effet visuel, mais d’une activation liée à un contexte physique.

Cette logique est particulièrement pertinente pour le retail, le tourisme, les salons, ou des parcours de visite. L’espace devient un déclencheur, au même titre qu’un QR code ou une URL.

  • AR géolocalisée : contenu associé à un lieu précis
  • Activation contextualisée : utile en événementiel et points de vente
  • Expériences “sur site” : parcours, démonstrations, médiation

Imaginez un stand sur un salon : un visiteur pointe son smartphone et voit apparaître une visualisation produit à l’échelle, avec des éléments interactifs, sans installation lourde côté exposant.

Premiers adopteurs entreprise : marketing, formation, salons

Trace revendique déjà des usages chez plusieurs entreprises : ESPN, T-Mobile, Qualcomm, Telefónica, Lenovo et Deutsche Telekom. Les cas cités couvrent marketing, visualisation, formation des employés et installations sur salons.

Des activations ont été réalisées notamment au Mobile World Congress et au Hip Hop 50 Summit. Cela illustre un positionnement très “terrain”, où la rapidité de production compte autant que la qualité perçue.

  • Marketing : expériences interactives pour attirer et expliquer
  • Visualisation : mise en scène de produits et services
  • Formation : contenus d’aide et de guidage
  • Salons : installations et démonstrations contextualisées

Une vision “créateurs” portée par des profils Magic Leap

Trace a été fondée en 2021 par d’anciens ingénieurs de Magic Leap. L’article source cite Martin Smith (CTO et cofondateur), qui insiste sur un point : malgré des appareils XR plus capables, l’écosystème de création reste limité.

La plateforme veut donc “empower” des profils variés : éducateurs, artistes, marques. L’enjeu est de rendre la création et le partage plus simples, tout en conservant la fidélité visuelle que l’AR “mérite”.

  • Cible large : créateurs indépendants et grandes entreprises
  • Enjeu : élargir l’écosystème de création
  • Promesse : exécution et diffusion à grande échelle

Pourquoi l’AR no-code peut d’abord décoller en entreprise

L’analyse de Road to VR souligne un contexte matériel : les lunettes AR “all-day” ne sont pas encore là. En attendant, les activations AR sur mobile et sur casques de MR peuvent déjà produire un effet “waouh” mesurable.

Des casques comme Apple Vision Pro ou Quest 3, cités comme exemples de casques MR, peuvent servir de vitrines. Mais la portée reste “sélective”, ce qui favorise des usages entreprise plutôt que grand public.

  • Lunettes AR toute la journée : encore éloignées
  • Mobile + casques MR : déjà exploitables
  • Entreprise : ROI et scénarios ciblés, mieux adaptés

Imaginez une équipe formation en usine : au lieu d’un manuel PDF, un parcours AR affiche des repères et des consignes au bon endroit, au moment utile, pour standardiser un geste et réduire les erreurs.

Ce que cela change pour les secteurs en France

La démocratisation no-code redistribue les rôles. Les responsables marketing, formateurs, médiateurs culturels ou chefs de produit peuvent prototyper plus vite, sans dépendre d’un cycle de développement complet.

Cela ne supprime pas les besoins experts (3D, UX spatiale, industrialisation), mais cela accélère la phase “preuve de valeur”, cruciale pour décider d’un déploiement plus large.

  • Formation : modules d’assistance contextualisée
  • Industrie : visualisation et procédures sur site
  • Tourisme : parcours augmentés et médiation
  • Événementiel : activations rapides sur salons et pop-up

La convergence AR/VR et la logique no-code côté explorations360

Cette tendance fait écho à une réalité terrain : de nombreuses organisations veulent combiner AR et VR. L’AR sert à enrichir l’expérience sur site, tandis que la VR permet une immersion complète, utile pour la formation ou la découverte à distance.

Chez explorations360, cette accessibilité est au cœur des outils no-code. Avec easystory360, on crée des expériences immersives 360° en glisser-déposer, puis on publie rapidement selon les canaux.

  • easystory360 : création no-code d’expériences 360°
  • easybox360 : déploiement sur casques VR
  • easykiosk360 : diffusion en borne et parcours guidés
  • easycare360 : cas d’usage orientés accompagnement et santé
  • Quiz VR : évaluation et engagement dans les parcours
  • LMS : intégration dans des dispositifs de formation existants

L’enjeu est le même que celui mis en avant par Trace : donner la main aux experts métier, accélérer la production et industrialiser la diffusion sans complexité inutile.

Un signal fort pour l’écosystème XR

Avec l’arrêt d’Aero et de Spark AR, le besoin d’outils simples redevient central. Trace tente de s’installer vite, avec une offre de migration et un positionnement orienté création AR localisée et usages entreprise.

Le test clé sera la capacité de Trace à grandir pendant la période de transition vers des lunettes AR plus répandues, tout en faisant face à de futures suites “easy-to-use” proposées par les grands acteurs.

  • Opportunité : vide laissé par Aero et Spark AR
  • Pari : AR no-code, interactive et localisée
  • Risque : concurrence à venir des plateformes dominantes

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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.