La formation en réalité étendue, ou XR, a longtemps été regardée comme une belle promesse. Impressionnante en démonstration, utile sur quelques pilotes, mais difficile à déployer à grande échelle. Beaucoup d’entreprises voyaient encore ces usages comme un laboratoire, pas comme un outil du quotidien.
L’actualité analysée autour de Roundtable Learning montre justement que cette perception est en train de changer. Avec plus de 5 millions d’apprenants formés dans le monde en XR et une croissance annuelle de 41 %, l’entreprise apporte un signal simple à comprendre : la formation immersive ne se limite plus à quelques cas vitrines. Elle commence à entrer dans le fonctionnement normal des grandes organisations.
Pour un public non spécialiste, on peut résumer cela ainsi : la XR est en train de passer du prototype à l’équipement métier. Un peu comme la visioconférence, qui était autrefois réservée à des usages ponctuels avant de devenir une brique standard du travail. C’est ce basculement, du test à l’infrastructure, qui mérite d’être regardé de près.
Ce que prouvent vraiment les chiffres de Roundtable Learning
Les chiffres cités dans la source sont parlants. Roundtable Learning affiche une progression de chiffre d’affaires de 41 % sur un an. Surtout, l’entreprise annonce avoir formé plus de 5 millions d’apprenants en XR dans le monde. Ce n’est pas anodin. Dans le domaine de la formation immersive, atteindre ce volume veut dire qu’on ne parle plus seulement d’expérimentations locales.
Autre point important, la liste des clients. Roundtable Learning est utilisé par Walmart, Amazon, BNSF Railway, Lincoln Electric et Kellogg’s. Ces noms comptent parce qu’ils représentent des environnements exigeants, avec beaucoup de salariés, des procédures à standardiser et des contraintes opérationnelles fortes. Former quelques dizaines de personnes en immersion est une chose. Former des milliers de collaborateurs avec des scénarios cohérents, mesurables et répétables en est une autre.
C’est ce qui rend intéressante la phrase de Scott Stachiw, vice-président XR design and development chez Roundtable Learning. Il explique que l’avenir de la XR doit combiner la capacité de montée en charge de la formation traditionnelle avec le réalisme de la pratique terrain. Dit autrement, la promesse n’est plus seulement de rendre la formation plus engageante. La promesse est de la rendre à la fois plus pratique, plus uniforme et plus pilotable.
Pourquoi la XR devient enfin déployable à grande échelle
Si la XR progresse maintenant, ce n’est pas grâce à un seul facteur. C’est l’addition de plusieurs briques qui arrivent à maturité en même temps.
Le premier levier, c’est le matériel. L’article cite le PICO 4 Ultra Enterprise comme exemple d’appareil pensé pour l’entreprise. Pour un décideur, ce détail est essentiel. Une grande organisation n’achète pas seulement un casque. Elle achète de la stabilité, un support logiciel et matériel dans la durée, et des outils pour gérer un parc. Sans cela, la phase pilote peut séduire, mais l’industrialisation devient risquée.
Le deuxième levier, c’est le contenu. Pendant longtemps, un projet XR voulait dire développement sur mesure, donc délais, budget et dépendance à un prestataire. Le marché bascule désormais vers des solutions standardisées, prêtes à l’emploi, à haute fidélité visuelle, sans repartir de zéro à chaque fois. C’est un peu la différence entre construire un simulateur entièrement à la main et choisir un module déjà prêt, que l’on adapte à son contexte.
Le troisième levier, c’est la mesure. La XR permet de collecter des données fines sur les apprentissages :
- les actions réalisées par l’apprenant
- le temps nécessaire pour terminer une tâche
- le taux d’erreur
- les étapes bloquantes
- la progression individuelle ou collective
Cette capacité change la nature même de la formation. On ne se contente plus de demander si la séance a plu. On peut observer ce qui a été réussi, raté ou répété, puis relier ces informations à des systèmes internes de gestion de la performance. C’est la boucle formation, évaluation, amélioration évoquée dans la source.
Du pilote à l’infrastructure, un changement de mentalité
Le point le plus intéressant n’est peut-être pas technique. Il est culturel. La source insiste sur une évolution de la façon dont les entreprises perçoivent la XR. Avant, on raisonnait en mode test. Aujourd’hui, certaines organisations commencent à la considérer comme une composante durable de leur système de formation.
C’est ce que Scott Stachiw résume en disant que la XR ne sera plus un projet pilote, mais une infrastructure. Cette idée peut sembler abstraite, mais elle est très concrète. Une infrastructure, c’est quelque chose que l’on budgète, que l’on maintient, que l’on connecte aux autres outils de l’entreprise, comme le LMS ou l’ERP, et que l’on fait vivre dans le temps.
Ce changement est décisif, car beaucoup de projets immersifs échouaient non pas parce que l’expérience était mauvaise, mais parce qu’elle restait isolée. Un casque dans un coin d’une salle de formation ne transforme pas une organisation. En revanche, un dispositif relié aux processus RH, à la montée en compétences, au suivi qualité et aux objectifs métiers peut produire un vrai effet.
Nick Day, vice-président marketing and sales de Roundtable Learning, le formule clairement à propos de PICO : « PICO的企业级专用平台为客户提供了规模化部署XR所需的稳定性和信心,这背后是他们对软硬件长期支持的明确承诺。 » Même sans traduire mot à mot, le message est limpide : pour passer à l’échelle, les entreprises ont besoin de confiance et de continuité.
Les obstacles restent réels, mais ils sont mieux cadrés
Le passage à l’échelle ne veut pas dire que tout est simple. L’article cite plusieurs freins encore présents : le coût d’achat et de gestion du matériel, la maintenance des contenus, l’intégration avec les dispositifs de formation existants et l’acculturation des collaborateurs.
Ces freins sont importants, car ils rappellent qu’un projet XR ne se résume pas à acheter des casques. Il faut aussi définir des usages précis, des indicateurs de succès et une méthode de déploiement. Si des données internes manquent, par exemple sur les erreurs terrain ou le temps moyen de montée en compétence, la bonne approche consiste à lancer un cadrage simple : relever les incidents récurrents, mesurer quelques tâches critiques et comparer avant et après formation.
Les stratégies évoquées dans la source sont pragmatiques
- choisir des fournisseurs avec un engagement de support sur la durée
- privilégier des contenus standardisés quand cela est possible
- connecter les données XR aux systèmes déjà en place
- accompagner les utilisateurs pour installer de nouveaux réflexes
Autrement dit, la question n’est plus « la XR fonctionne-t-elle ? », mais « dans quelles conditions fonctionne-t-elle durablement ? ».
Deux exemples métier qui parlent aux décideurs
Commerce et logistique
Les cas Walmart et Amazon illustrent bien l’intérêt de la standardisation. Dans de grands réseaux, l’enjeu n’est pas seulement de former vite. Il faut former de la même manière partout. Une expérience immersive permet de reproduire un environnement, un geste ou une procédure identique pour des milliers de personnes. Cela aide à homogénéiser les pratiques et à suivre les écarts de performance. Pour des fonctions liées à la sécurité, à la préparation de commandes ou à l’accueil opérationnel, cette répétabilité a une vraie valeur.
Industrie et transport
Avec BNSF Railway et Lincoln Electric, on voit un autre intérêt de la XR : faire pratiquer sans exposer immédiatement les apprenants au terrain réel. C’est comme un simulateur de vol, mais appliqué à des opérations industrielles ou ferroviaires. On peut répéter une séquence, observer les erreurs, corriger avant passage en situation réelle. Dans ces contextes, la XR sert moins à impressionner qu’à réduire l’écart entre théorie et pratique.
La source indique d’ailleurs que l’avenir ne se limite pas aux opérations techniques. Les usages devraient s’étendre à la formation au leadership et aux soft skills. Cela ouvre des perspectives dans la santé, le tourisme, l’accueil ou la relation client, dès lors que l’on cherche à standardiser des comportements, entraîner la prise de décision ou rejouer des situations difficiles.
Ce que cela change pour les acteurs français des technologies immersives
Pour les entreprises qui s’intéressent à la XR aujourd’hui, la leçon est claire. Il ne suffit plus de proposer une belle expérience. Il faut proposer une solution déployable, maintenable et utile au métier. C’est précisément dans ce contexte, où la XR passe du pilote à des usages opérationnels à grande échelle, que des outils prêts à l’emploi prennent tout leur sens.
Chez explorations360, cette logique se retrouve dans des solutions comme easycare360, pensées pour standardiser et déployer plus facilement des parcours immersifs. Le retour d’OASIS va dans ce sens. Dans un contexte de formation et d’accompagnement, disposer d’un outil XR immédiatement mobilisable permet de réduire la friction entre l’idée et l’usage réel. Le témoignage est d’ailleurs sans ambiguïté : « C'est absolument génial! ».
Ce type d’approche est cohérent avec le mouvement observé chez Roundtable Learning : moins de sur-mesure lourd, plus de solutions prêtes à être activées, suivies et intégrées dans le quotidien des équipes.
Vers une XR jugée sur ses résultats
La prochaine étape sera sans doute la plus saine pour le marché. Les entreprises vont progressivement moins demander si une solution utilise la XR, et davantage ce qu’elle améliore concrètement : sécurité, rapidité d’intégration, homogénéité des pratiques, baisse des erreurs, meilleure préparation des équipes. C’est une bonne nouvelle. Quand une technologie cesse d’être jugée sur son effet de nouveauté et commence à être évaluée sur son utilité métier, c’est souvent le signe qu’elle devient mature.
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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.

